On les entend à tout va, à chaque minute qui rapproche de la naissance ces "ça va tout changer" et toutes ces phrases de tous ceux passer par là avant nous, par l'attente, interminable, insupportable, pleine de crainte, de vraie peur pour autre chose que notre petite personne, pour quelque chose, quelqu'un qui n'existe pas encore et qui, pour nous, existe déjà plus que tout le reste ...
Et puis vient l'explosion. La naissance. Les débordements de bonheur, de sentiments, d'une peur qui a changé parce qu'elle a pris un visage, hurlant sans qu'on puisse comprendre pourquoi, complètement dépassés par un tout petit bout d'être qui ne souffre pas vraiment la plupart du temps mais qui crie sa frustration de ne pas pouvoir nous le dire. C'est le bonheur simple de regarder un morceau de soit, qui ne nous appartient en rien mais qui a tant besoin de nous qu'on ne peut pas faire autrement que de le placer devant soit et d'oublier à son égard un égocentrisme bien installé.
Aux 9 mois d'attente viennent de suivre 9 mois de vie. Une éternité suivie d'un battement de cils.
J'oublie tout. Ce qu'on me dit, ce qu'on attend de moi, ce que je devrais dire ... sénilité précoce peut-être, terrible et destructrice fatigue certainement. Enfin presque tout. Parce que je n'ai rien oublié de ses babillements, de ses tentatives d'ouverture au monde.
L'Amour a un visage, l'Amour divin, absolu, celui qui pardonne tout, qui accepte tout, qui remet tout le reste à sa place.
Essayez donc de me briser, faites-moi ce que vous voulez. Quelle importance?
Approchez, même de loin, de l'idée de le blesser et je n'aurai de cesse d'essayer de vous détruire.
Ca a tout changé, c'est bouleversant.